Sevrage tabagique

Comprendre l’intérêt du sevrage tabagique

Le tabagisme, qu’il soit actif ou passif, est responsable de plus de 70 000 décès par an en France, soit 200 personnes par jour. La moitié est due à des cancers touchant divers organes, le quart à des pathologies cardiovasculaires, et près d’un quart aux maladies respiratoires. Une cigarette correspond à 7 minutes de vie en moins ! Les hydrocarbures et autres produits de dégradation sont les principaux responsables de la toxicité du tabac. La nicotine est, quant à elle, à l’origine de la dépendance. A l’arrêt du tabac, le manque de nicotine induit un syndrome de sevrage et engendre des troubles typiques tels que des insomnies, de l’irritabilité, des difficultés de concentration, de la déprime ou de l’anxiété. Cependant, il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! La majorité des risques liés au tabac est réversible. Ainsi, l’odorat et le goût s’améliorent en 8 jours, la fonction respiratoire en quelques mois, le risque d’accident vasculaire cérébral en 1 ou 2 ans, et le risque de cancer bronchique diminue de 60% après 5 ans de sevrage.

Des conseils simples en cas d’arrêt du tabac

  • Développer votre motivation : écrivez, filmez-vous, enregistrez-vous lorsque vous décidez d’arrêter de fumer et informez votre entourage.
  • Gérer le stress et l’irritabilité : faites une cure de magnésium et de vitamines retrouver la forme et diminuer le stress.
  • Pour se désaccoutumer du geste : respirez profondément, buvez un verre d’eau, prévoyez une activité différente aux moments où l’envie de fumer est la plus forte pour supprimer le rituel de la cigarette.
  • Pour limiter une prise de poids : pratiquez un sport, diminuez la consommation d’alcool, de sucre et de graisses saturées.
  • En cas d’échec, ne pas se décourager : chaque échec rapproche du but !

Les solutions pour arrêter de fumer

Avant tout sevrage, il convient d’évaluer sa dépendance à la nicotine avec le test de Fagerström. En général, si la première cigarette est fumée dans les 30 minutes qui suivent le réveil, la dépendance est considérée comme forte à très forte.

Le sevrage tabagique est généralement réalisé par des substituts nicotiniques : les substituts apportent à l’organisme la nicotine sans la toxicité liée aux goudrons de cigarette, et de manière progressivement dégressive. L’évaluation de la dépendance permet de choisir le dosage du substitut.

Il existe plusieurs formes de substituts, selon que le fumeur désire être actif ou passif dans son sevrage :

  • Les patchs nicotiniques sont à poser le matin, sur une peau propre, sèche et sans poils, et à retirer le soir avant le coucher. Ils délivrent un apport de nicotine régulièrement tout au long de la journée. Les patchs ne doivent pas être appliqués sur la poitrine. Pour diminuer le risque de réaction cutanée locale, il est préférable de changer de site chaque jour (épaule, cuisse, fesse, omoplate) et de retirer la colle résiduelle soigneusement. Les patchs permettent une bonne observance et sont faciles d’utilisation. L’application de patch impose l’arrêt strict de la cigarette !

 

  • Les gommes à mâcher ne s’utilisent pas comme des chewing-gums. Elles doivent être mâchées une première fois puis gardées contre la joue quelques minutes. Il faut ensuite reprendre la mastication très lentement sinon la nicotine, libérée trop rapidement, irrite la gorge. La nicotine est absorbée au niveau de la bouche et n’est pas avalée.

 

  • Les comprimés sublinguaux sont à placer sous la langue ou entre la joue et la gencive. Les comprimés à sucer doivent être déplacés régulièrement d’un côté à l’autre de la bouche. Quel que soit le type de comprimés, la nicotine est absorbée au niveau de la muqueuse buccale, comme pour les gommes.

 

  • Le dispositif à inhaler ou « inhaleur » s’utilise, comme une cigarette, en aspiration buccale. Il est composé de cartouches de nicotine et particulièrement recommandé pour les personnes avec une forte dépendance gestuelle.

En cas de mauvais dosage, des signes de surdosage (diarrhée, palpitations, bouche pâteuse, insomnie) ou de sous-dosage (troubles de l’humeur, agitation, majoration de l’appétit, anxiété, irritabilité) peuvent apparaître. Ces signes sont à prendre en compte pour une meilleure adaptation du dosage et une réussite du sevrage.

Il existe aussi des médicaments mais ils ne sont délivrés que sur prescription.

Tabac, quand consulter ?

Une consultation médicale, chez son médecin traitant ou chez un tabacologue, est nécessaire en cas de :

  • Personne présentant des troubles cardiaques.
  • Personne ayant de l’hypertension artérielle.
  • Personne diabétique.
  • Femme enceinte.
  • Enfant de moins de 18 ans.
  • « Très gros » fumeur.
  • Personnes ayant déjà subi plusieurs échecs de sevrage.

La sécurité sociale prend en charge un forfait de 50€ par année civile et par bénéficiaire lorsque les substituts nicotiniques sont prescrits par un médecin. Le forfait est de 150€ pour les femmes enceintes et les jeunes de 20 à 25 ans.

Le + du pharmacien

  • Le sevrage du tabac est un moment stressant. Pensez à l’homéopathie et à la phytothérapie pour vous aider ! En cas de signes de manque avec les substituts nicotiniques, n’hésitez pas à nous en informer afin de réévaluer le traitement.
  • Alors, êtes-vous prêt ?
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